En bref. La date à retenir n’est pas celle de la fin de votre contrat, mais celle où vous devez commencer à préparer la suite. On peut s’y prendre jusqu’à 18 mois à l’avance, et c’est souvent pertinent dès un compteur C4, l’ex-tarif jaune. Ce délai vous permet de choisir le moment d’achat au lieu de le subir, et d’éviter la tacite reconduction.
Pourquoi la date d’échéance n’est pas la bonne date
Quand un dirigeant me dit « mon contrat se termine en mars », il a en tête une échéance administrative. En pratique, mars est la date la plus mauvaise pour négocier : à ce moment-là, vous n’avez plus le choix, vous prenez le prix du marché tel qu’il est ce jour-là.
La bonne date, c’est celle où vous vous donnez la possibilité de choisir. Sur le marché professionnel, on signe couramment un contrat plusieurs mois avant son démarrage : le prix est fixé à la signature, la fourniture commence à la fin du contrat en cours. C’est ce décalage qui crée la marge de manœuvre.
Votre segment de compteur change la réponse
Le délai utile dépend surtout de la taille de votre point de livraison. Les fournisseurs ne construisent pas les prix de la même façon selon les segments, et les offres à départ différé ne sont pas accessibles partout de la même manière.
| Segment | Puissance et raccordement | Quand commencer |
|---|---|---|
| C5 | Jusqu’à 36 kVA, basse tension (ex-tarif bleu) | 6 à 9 mois avant |
| C4 | 36 à 250 kVA, basse tension (ex-tarif jaune) | 12 à 18 mois avant |
| C3 à C1 | Au-delà de 250 kVA, haute tension (ex-tarif vert) | 18 mois avant, voire davantage |
Le segment figure sur votre facture, ou se déduit de la puissance souscrite et du niveau de tension. À partir du C4, vous pouvez en général sécuriser un prix longtemps à l’avance pour une fourniture qui démarre à la fin du contrat en cours. C’est cette possibilité qui rend l’anticipation payante : plus la fenêtre est large, plus vous avez de chances d’y voir passer un bon niveau de marché.
En dessous, sur un C5, la fenêtre utile est plus courte, de six à neuf mois, mais la logique reste la même : mieux vaut préparer que subir.
Le calendrier que je recommande
| Quand | Ce qu’on fait |
|---|---|
| 18 à 12 mois avant | Cadrage. On relève la date d’échéance exacte, le préavis de dénonciation et la structure de prix actuelle. On récupère les données de comptage et on définit un niveau de prix cible. À partir d’ici, la fenêtre d’achat est ouverte : si le marché passe sous la cible, on peut déjà sécuriser. |
| 12 à 6 mois avant | Cœur de la fenêtre d’achat. On consulte largement, on compare les offres reçues et on signe quand le niveau cible est atteint. En parallèle, on vérifie la puissance souscrite et l’accise : ces deux sujets se traitent indépendamment du contrat de fourniture, et parfois en cours de contrat. |
| 6 à 2 mois avant | Dernière ligne droite. Si le marché n’est pas descendu, on avance quand même : mieux vaut un prix moyen choisi qu’un prix subi. On arbitre alors sur la durée plutôt que sur le niveau. |
| 2 mois avant | Zone rouge. La dénonciation doit être envoyée si le contrat comporte une tacite reconduction, et le nouveau contrat signé. Au-delà, on subit. |
| Après la signature | On vérifie que les conditions négociées apparaissent bien sur les premières factures. C’est là que se perdent une partie des gains obtenus. |
Ces délais valent pour un site déjà en offre de marché. Pour une entreprise encore au tarif réglementé, ou en sortie d’une période d’offre de repli, le cadrage demande un peu plus de temps.
Une précision utile : commencer 18 mois avant ne veut pas dire signer 18 mois avant. Cela veut dire être prêt à signer pendant 18 mois, et utiliser ce temps pour choisir. C’est toute la différence avec une consultation lancée dans l’urgence.
Les trois pièges de fin de contrat
La tacite reconduction
Beaucoup de contrats professionnels comportent une clause de reconduction automatique, avec un préavis de dénonciation à respecter. Si la date passe, le contrat se prolonge, souvent au prix proposé par le fournisseur sortant. Repérez cette date dès aujourd’hui : elle est plus contraignante que l’échéance elle-même.
La comparaison à une seule offre
Le réflexe courant consiste à demander un prix à un deuxième fournisseur et à comparer avec la proposition de renouvellement. Deux offres ne disent rien du niveau réel du marché : les positions des fournisseurs varient fortement selon les profils de consommation, les volumes et les périodes. Une consultation utile en mobilise beaucoup plus.
La comparaison sur le seul prix du kWh
À prix de kWh identique, deux contrats peuvent coûter très différemment : durée, conditions de révision, clauses de profil, pénalités d’écart, frais de résiliation anticipée, conditions de sortie en cas de fermeture de site. Ces lignes se négocient aussi.
Ce qu’il faut avoir sous la main
- La date d’échéance et la date limite de dénonciation de chaque contrat.
- La structure de prix actuelle : prix fixe, indexé, ou achat par clics.
- Le point de livraison de chaque site : PDL ou PRM en électricité, PCE en gaz.
- Vos consommations sur douze mois et vos puissances souscrites.
- Les projets connus : extension, nouvelle ligne, changement d’horaires, fermeture.
Si vous n’avez qu’une facture récente, cela suffit pour démarrer : le reste se récupère.
Le cas des entreprises à échéances décalées
Quand une entreprise a plusieurs sites dont les contrats se terminent à des dates différentes, chaque renouvellement se fait dans l’urgence, et aucun ne bénéficie de l’effet de volume. Aligner progressivement les échéances permet de tout consulter en une seule fois. C’est le sujet de la page gérer les contrats d’énergie d’une entreprise multisite.
Se faire accompagner
Je prépare ces renouvellements pour des entreprises du Var Ouest, du plateau de Signes et du pôle de Rousset. Voir aussi les secteurs que j’accompagne.
Questions fréquentes
Quand faut-il commencer à préparer le renouvellement de son contrat d’électricité ?
Jusqu’à 18 mois avant l’échéance sur un compteur C4 (36 à 250 kVA, ex-tarif jaune) ou au-delà, 6 à 9 mois sur un compteur C5. Ce délai ne sert pas à remplir des dossiers : il sert à pouvoir attendre un bon moment de marché plutôt que de signer au prix du jour de l’échéance.
Qu’est-ce qu’un compteur C4 ?
C’est le segment des points de livraison raccordés en basse tension avec une puissance souscrite comprise entre 36 et 250 kVA, ce qu’on appelait l’ex-tarif jaune. Il concerne la plupart des PME, ateliers et sites de taille intermédiaire. Au-dessus, on passe en haute tension avec les segments C3 à C1 ; en dessous, en C5.
Peut-on signer un contrat qui démarre plus tard ?
Oui. C’est même la pratique courante sur le marché professionnel : vous signez aujourd’hui un prix pour une fourniture qui commence à la fin de votre contrat actuel. C’est ce qui rend l’anticipation possible.
Qu’est-ce que la tacite reconduction sur un contrat d’énergie professionnel ?
C’est une clause qui prolonge automatiquement le contrat si vous ne le dénoncez pas avant une date limite, souvent aux conditions tarifaires proposées par le fournisseur. Elle n’est pas illégale, mais elle vous place en position de faiblesse : vous découvrez le prix au lieu de le négocier.
Que se passe-t-il si je laisse passer l’échéance sans rien faire ?
Selon le contrat, vous basculez en tacite reconduction, ou sur une offre de repli dont le prix est généralement moins favorable. Dans les deux cas, vous perdez le bénéfice de la mise en concurrence pour toute la période suivante.
Faut-il attendre que les prix baissent pour signer ?
Personne ne sait où seront les prix dans six mois. Ce qu’on peut faire, c’est se donner une fenêtre de plusieurs mois et un niveau de prix cible, puis signer quand le marché passe sous ce niveau, au lieu de signer à une date imposée par le calendrier du contrat.
Vous voulez savoir où vous en êtes ? Donnez-moi la date d’échéance de votre contrat et une facture récente : je vous dis quelle est votre fenêtre d’achat et ce qu’il faut préparer d’ici là. Voir aussi ma page stratégie d’achat d’électricité et de gaz.
Ces informations sont données à titre général et ne remplacent pas l’analyse de votre situation. Les montants et dispositifs cités sont ceux en vigueur à la date de mise à jour de cette page.